La vie insoupçonnée dans un lavoir du vallon de Rochecardon…

Quelle chance nous avons eu ce samedi 21 mars, de pouvoir rentrer dans une propriété privée ! Aller prospecter dans un ancien lavoir à la recherche d’amphibiens et autres bêtes aquatiques, ce fut grâce à Catherine, une propriétaire qui nous a ouvert ses portes…

Cet inventaire s’est réalisé  dans le cadre de l’ABC des Monts d’Or (Atlas de Biodiversité Communale) piloté par le Syndicat Mixte Plaines Monts d’Or. Après trois années de récolte de données naturalistes, 2026 sera l’aboutissement de cet ABC.

Visitez le site du Syndicat Mixte Plaines Monts d’Or : 

https://www.plainesmontsdor.com/abc-de-la-biodiversite/demarche-abc/

Pour commencer, nous avons évoqué le passé grâce à un magnifique plan des archives départementales du Rhône, extrait d’une série cartographique de la Voutillière datée de la fin du 17e siècle. Nous sommes ici dans un très ancien quartier habité de Champagne-au-Mont d’Or, attesté dès les premiers documents terriers, sorte de cadastres médiévaux du 14e siècle. Les habitants avaient besoin d’eau et se servaient déjà dans une fontaine à l’emplacement de ce lavoir…

Ce qui nous intéresse aujourd’hui, vous l’avez bien compris, c’est l’existence de cette fontaine toujours au même endroit depuis plusieurs centaines d’années, avec le départ de son ruisseau appelé « de la Voutillière ». Nous étions là surtout pour ses petites bêtes !

Nous sommes descendus prudemment dans ce ravin aux pentes escarpées…

Rapidement, sur les pierres inclinées qui bordent ce lavoir, nous avons repéré des dizaines de larves de salamandres tachetées, de redoutables carnivores. Cet amphibien est ovovivipare, cela signifie qu’il ne pond pas d’oeufs mais donne naissance directement à des larves déjà formées.. 

Pour être sûr qu’il s’agit bien de larves de salamandre, il existe un moyen infaillible : une petite tâche blanche à la base de chaque patte. Minuscules pour les pattes avant, ces tâches sont plus visibles à l’arrière…

Parmi les invertébrés, nous avons trouvé des éphémères (aux trois cerques) et des trichoptères à fourreau. Tous indicateurs de bonne qualité de l’eau et … des proies pour nos salamandres!

A gauche, un éphémère avec ses 3 cerques à l’arrière ; à droite deux trichoptères qui se protègent dans leurs fourreaux…

Nous avons attendu de longues minutes avant de voir bouger un nouvel habitant. C’était un triton alpestre, une femelle. A force de patience, nous avons pu observer quelques femelles qui remontaient pour respirer. Mais nous n’avons vu aucun mâle avec leur livrée colorée… Sommes-nous arrivés trop tôt ?

Dans le vallon de Rochecardon, nous connaissions déjà la présence de deux espèces de tritons, le triton palmé plus fréquent et le triton alpestre affectionnant les lavoirs, mais plus rare. Le triton palmé a le ventre jaune alors que celui du triton alpestre est orange.

Quelle joie de trouver un site de reproduction du triton alpestre!

Une habitude fâcheuse de lâcher des poissons rouges dans les lavoirs fait disparaitre irrémédiablement les tritons qui pondent très peu d’oeufs…

Quelques mètres plus bas, nous avons repéré la présence de deux belles touffes d’Asplénium scolopendrium, une fougère typique des forêts de ravins comme ici…

La prochaine sortie est programmée le SAMEDI 9 MAI pour explorer d’autres lavoirs dont certains, malheureusement, ont été « pollués » par des poissons rouges…

Contacts et inscriptions : rochnature@gmail.com

3 commentaires

  1. Beau reportage… comme d’habitude !!!
    Je regrette amèrement de n’avoir pas pu participer à la sortie.

  2. Bravo pour cet article très intéressant ! Un grand merci pour cette contribution à l’ABC des Plaines Monts d’Or, encore une donnée qui permet d’enrichir notre connaissance de la biodiversité pour pouvoir mieux la protéger !

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