Une injure pour la nature : le tennis de Saint Didier au Mont d’Or

Début 2024, l’association Roch’nature a intenté un recours contre deux permis de construire que la municipalité de Saint-Didier-au-Mont d’Or a déposé pour la couverture de deux terrains de tennis, situés angle Chemin des Rivières et Route de Champagne. Le Tribunal Administratif vient enfin de rendre sa décision : notre requête est rejetée.

On s’y attendait, mais le coup est dur ! Pas vraiment pour nous-mêmes, mais pour la nature et cette «notion de corridor écologique ».

Les deux bâtiments servant à abriter les joueurs de tennis, deviennent de fait pérennes, ainsi en a décidé le Tribunal Administratif dans son jugement rendu le 15 mai 2025. Les juges écrivent que ce projet « procède à une artificialisation des sols très réduite par rapport à l’existant, étant limité à la couverture de deux des trois terrains de tennis présents sur le site ».

Après un recours gracieux auprès de la mairie de Saint Didier au Mont d’Or, une requête est déposée fin 2023 devant le Tribunal Administratif.  (voir l’article précédent). Puis, devant la menace de travaux imminents, Rochnature tente un référé en suspension qu’elle pert en février 2024. La mairie a pris le risque de commencer les travaux sans attendre le jugement définitif…

Cette zone de loisirs existant bien avant la création de Roch’nature en 1989, obéit évidemment aux règles d’urbanisme. Depuis de très longues années, nous nous efforcions à faire déplacer ces tennis en milieu urbain, vers un secteur à moindre enjeu de biodiversité, agissant dans ce sens à chaque révision ou modification du Plan Local d’Urbanisme.

La zone actuelle est classée N2s1 au PLU-H, c’est-à-dire zone de loisirs et cela depuis le POS 1995.

Malgré nos arguments prouvant que ces tennis en fond de vallon, à quelques mètres du ruisseau de Rochecardon, sont une « verrue » rompant le corridor écologique, artificialisant les sols, la dernière révision du PLU-H, approuvé en juin 2019, a autorisé deux STECAL (Secteur à Taille et Capacité Limité) changeant peu le zonage de ce site et permettant des constructions…

C’est une décision politique, qui fait réellement fi des enjeux de biodiversité.

Le Tribunal évoque pourtant le caractère exceptionnel de l’instauration des STECAL dans ce lieu. Malheureusement, nous avions déjà connu, il y a 20 ans, le même échec au Tribunal Administratif avec les « polygones d’implantations » en amont du vallon de Rochecardon, sur la commune de Limonest. Ils devaient être très limités… Ces polygones se sont multipliés au gré des différentes modifications du PLU. Aujourd’hui, les conséquences sont la saturation de la pompe de relevage avec rejet et pollution dans le ruisseau de Rochecardon et une rupture de la continuité avec le massif du mont Verdun. Le vallon se dégrade lentement…

Les tennis avant leurs couvertures…

Dans la décision du Tribunal du 15 mai 2025, la demande de Saint Didier au Mont d’Or de mettre à charge de l’association Roch’nature le versement d’une somme de 5000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, a été rejetée : Roch’nature ne paiera rien, c’est toujours ça !

3 commentaires

  1. Tous les combats ne peuvent pas être gagnés bien malheureusement… ou comment écorner encore plus les trames vertes et corridors écologiques !
    Les arguments de l’avocat étaient pourtant bien percutants, adaptés et judicieux. C’est décevant, rageant, absurde.
    Décision moche du tribunal.

  2. Une situation bien attristante en opposition totale avec la notion fondamentale de continuité verte, de corridor écologique, si nécessaire en zone périurbaine.
    Dire que la cellule écologie-environnement du grand Lyon soulignait la nécessité de cette continuité, il y a 30 ans.
    Son message n’est pas passé à ce niveau!
    Beaux discours et Greenwashing sont généralisés et de mise. L’argent roi domine à l’échelle de la planète et a des effets malheureusement toujours plus dévastateurs…

    Bonne fin de printemps nature à tous.
    Marc

  3. Plus de 30 ans après la création de l’association, malgré démarches informatives et éducatives, lois environnementales, cellule écologie et discours multiples… des élus, l’environnement demeure assujetti à l’urbanisme. Que dire dans ce cadre quant à l’évolution planétaire?
    Consternant!

    Merci encore pour les multiples actions de l’association.

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